Au sens premier, le terme « chalet » désigne, en montagne, une construction en pierre et/ou en bois où les vachers-fromagers (armaillis) séjournent à la belle saison pour s’occuper du bétail et confectionner le fromage. On trouve souvent la forme « chalet d’alpage », qui est en fait une tautologie.

À cet emploi ancien sont venus se superposer des usages plus récents :

  • par extension, petite habitation de montagne, rudimentaire et sans confort ;
  • maison de bois servant le plus souvent de résidence secondaire, mais assez bien aménagée (chalet de vacances) ;https://www.chaletsmossaz.com/fr/
  • chalet d’habitation, non lié à la vie paysanne, destiné à servir de résidence permanente (villa en bois) ;
  • style chalet, ou Swiss chalet, style architectural d’inspiration prétendument vernaculaire qui s’est développé au xixe siècle, à partir surtout de l’Angleterre, mais qui a pris une extension européenne.

« Chalet » a donc des acceptions bien précises et il faut éviter la confusion de termes spécifiques : on fabrique le fromage au chalet, mais le reste de l’année on habite une maison, accompagnée d’une grangeécurie attenante ou séparée pour abriter le bétail et le foin. Le grenier sert à mettre en sécurité les céréales, ainsi que les provisions qui doivent rester au sec, les archives, parfois les habits du dimanche.

En Valais, le raccard abrite les gerbes après la moisson, de part et d’autre de l’aire où on les battait au fléau. Les mazots relèvent de l’architecture viticole, puisqu’ils servent de pied-à-terre aux paysans des villages de montagne pour travailler leurs vignes en bordure de la plaine du Rhône. Les mayens représentent les étapes entre les villages et les hauts alpages. Le mot mazot a été utilisé anciennement dans certains lieux pour la zone des mayens, ce qui est à l’origine, sans doute, d’une certaine confusion dans la terminologie11.

En Vallée d’Aoste, le terme « mayen » s’utilise pour indiquer aussi ce qu’en Valais est un mazot, et en général une seconde maison en haute montagne (1 200−2 000 mètres)12. Ce mot dérive du francoprovençal et se réfère au mois de mai, pendant lequel a lieu l’inalpe.

Tous ces bâtiments, édifiés en madriers, mais aussi partiellement ou entièrement en maçonnerie selon les vallées et les époques, tendent à perdre leur utilité depuis que la mécanisation atteint l’agriculture de montagne au milieu du xxe siècle. Cela ne dispense pas d’essayer de comprendre leur fonction d’origine et de les appeler par leur nom.

En tenant compte de toutes les variantes locales, ces remarques concernent aussi la Savoie, en particulier la vallée d’Abondance13.